Agressions crypto en France : comment se protéger
Enlèvements et séquestrations liés aux crypto-actifs : ce que disent les autorités françaises et les réflexes de discrétion à adopter pour votre sécurité.

Photo : CryptoWallet.com Images (CC BY)
Les agressions visant des détenteurs de crypto-actifs « ont connu une forte augmentation » en France. C’est le ministère de l’Intérieur qui l’écrit, dans une réponse publiée au Journal officiel le 15 septembre 2026 (site externe, nouvel onglet). Elles visent des entrepreneurs et des professionnels du secteur, mais aussi des « particuliers censés en détenir ».
Le 10 octobre 2026, Cryptoast (site externe, nouvel onglet) a publié les conseils de Rémi D’Alise, présenté comme ancien responsable des produits hardware wallets chez Ledger et expert en sécurité crypto. Son objectif n’est pas une protection absolue. Il s’agit de compliquer la tâche de quiconque chercherait à vous identifier, à vous localiser, puis à vous contraindre.
Ce que disent les autorités
Le ministère de l’Intérieur répondait à la question écrite d’une députée (n° 12853). Pour lui, ces agressions ne forment pas une criminalité nouvelle : elles reprennent des modes d’action anciens de la criminalité organisée. Il cite plusieurs moyens d’action :
- le parquet national anticriminalité organisée (PNACO) ;
- les interpellations menées depuis 2025 ;
- l’Unité nationale cyber de la gendarmerie, qui s’appuie sur plus de 400 enquêteurs formés.
En juin 2026, le ministre de l’Intérieur a présenté un plan de dix mesures pour protéger les professionnels de la filière. Il s’articule en trois axes : comprendre, informer, neutraliser.
La même réponse rappelle aussi le décret du 22 août 2025. Il protège les informations relatives au domicile de certaines personnes physiques inscrites au registre du commerce et des sociétés.
Le ministère publie aussi une fiche de conseils sur son site Ma Sécurité (site externe, nouvel onglet), mise à jour le 4 septembre 2026. Son principe : « La discrétion est la meilleure alliée ». En cas d’enlèvement d’un proche pour obtenir une rançon, contactez immédiatement le 17.
Réduire son empreinte numérique
La fiche du ministère demande d’être discret sur vos transactions, et pas seulement sur votre patrimoine. Une simple capture d’écran peut révéler un pseudonyme, une adresse e-mail ou le solde d’un portefeuille. Les lieux et événements publics sont aussi des occasions de se renseigner sur vous.
Rémi D’Alise conseille de cloisonner vos usages :
- une adresse e-mail pseudonyme réservée aux crypto-actifs, jamais utilisée pour les réseaux sociaux ni pour vos démarches personnelles, et des alias pour les lettres d’information ;
- des comptes personnels en privé, sans photos qui permettent d’identifier votre domicile ou vos proches ;
- pas d’applications de sport qui publient vos parcours : un trajet répété peut révéler une adresse ou des horaires ;
- pas de domicile personnel dans les statuts d’une société quand c’est évitable : une boîte postale peut le remplacer ;
- une livraison en point relais ou au bureau pour un portefeuille matériel ;
- pas de réponse aux numéros masqués ou inconnus.
Il conseille aussi de vérifier ce qui circule déjà sur vous. Cherchez votre nom sur un moteur de recherche, sur plusieurs pages de résultats. Vérifiez sur le site Have I Been Pwned si votre adresse e-mail figure dans une fuite de données. Pensez enfin à vos proches : on peut remonter jusqu’à vous par les informations qu’ils publient.
Verrouiller ses comptes
La fiche Ma Sécurité donne trois règles :
- protéger chaque compte et chaque portefeuille par un mot de passe fort et une double authentification ;
- sur une plateforme d’échange, utiliser un identifiant et un mot de passe propres à cette plateforme, idéalement doublés d’un code généré par une application mobile ;
- ne jamais enregistrer en ligne votre phrase de récupération (les 12 ou 24 mots). Notez-la hors ligne, si nécessaire sur un support durable comme une plaque métallique, hors de portée d’autrui.
Ne pas garder ses crypto-actifs accessibles chez soi
Pour Rémi D’Alise, la meilleure protection face au risque d’agression est de ne pas avoir de crypto-actifs accessibles depuis son domicile. Pour des fonds conservés sur le long terme, il conseille de ranger la phrase de récupération dans un coffre bancaire ou dans un lieu distinct du logement.
Il évoque aussi la segmentation du patrimoine : garder 90 à 95 % des avoirs hors de portée immédiate, et 5 à 10 % seulement dans un portefeuille accessible. Il précise que cela ne garantit rien, car un agresseur peut soupçonner l’existence d’autres fonds.
Multisignature et passphrase : des outils exigeants
La fiche du ministère suggère de prévoir un protocole d’accès. Les fonds ne se débloquent alors qu’après un délai, et avec la signature conjointe de plusieurs personnes de confiance de votre entourage : c’est la multisignature, ou multisig.
Rémi D’Alise se montre plus prudent. Un dispositif à deux signatures sur trois protège peu si deux clés sont gardées dans le même logement. Pour être utile face à une agression, chaque clé doit être conservée dans un lieu différent. Or cette organisation ajoute de la complexité, et donc un risque d’erreur.
Même réserve pour la passphrase, souvent présentée comme un « 25e mot ». Selon le standard BIP-39 (site externe, nouvel onglet), chaque passphrase ouvre un portefeuille valide, mais seule la bonne donne accès au portefeuille voulu. On peut donc en garder un second avec moins de fonds. Mais les criminels connaissent ce mécanisme, et si vous oubliez votre passphrase, rien ne permet de retrouver le portefeuille qu’elle protège. Rémi D’Alise refuse de faire de la passphrase, comme de la multisignature, un conseil général. Selon lui, la complexité peut se retourner contre vous plus vite qu’une agression.
Certaines plateformes imposent aussi un délai avant un retrait, ou avant un envoi vers une adresse nouvellement ajoutée. Renseignez-vous auprès de la vôtre. Aucun de ces mécanismes n’est infaillible.
Ce qu’il faut retenir
Aucune mesure ne suffit seule : le bon dispositif dépend du montant détenu, de vos usages, de votre aisance technique et de votre exposition. Rester discret, éloigner l’essentiel de vos fonds de votre domicile et préparer avec vos proches la conduite à tenir n’a rien de paranoïaque. C’est une gestion raisonnable du risque.
Pour aller plus loin : notre guide pour sécuriser vos cryptos (portefeuille et double authentification).
Rédigée par une IA à partir des sources citées dans le texte.
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