1. Calendrier 2026
La déclaration des revenus 2025 — incluant les cessions de crypto-actifs — se fait entre avril et début juin 2026 selon le département de résidence et le mode de déclaration (papier vs en ligne).
| Date | Action | Concerné |
|---|---|---|
| 9 avril 2026 | Ouverture du service de déclaration en ligne | Tous résidents fiscaux FR. |
| 19 mai 2026 | Date limite déclaration papier | Contribuables sans accès internet. |
| 21 mai 2026 | Limite — départements 1 à 19 + non-résidents | Cible la plus précoce en ligne. |
| 28 mai 2026 | Limite — départements 20 à 54 | 2ème vague. |
| 4 juin 2026 | Limite — départements 55 à 974 et 976 | 3e vague. |
Les dates officielles 2026 sont publiées par la DGFiP sur impots.gouv.fr.
2. Régime fiscal applicable
2.1. Le PFU 31,4 %
Les plus-values de cession de crypto-actifs (appelés « actifs numériques » jusqu’au 30 juin 2026 et encore sur le formulaire 2086) par les particuliers sont imposées au taux forfaitaire de 12,8 % de l’article 200 C du Code général des impôts (CGI), couramment appelé PFU ou flat tax, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Le taux global est de 31,4 % pour les plus-values de 2025 et des années suivantes, qui se décompose en :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu (IR) ;
- 18,6 % au titre des prélèvements sociaux (CSG 10,6 % + CRDS + prélèvement de solidarité).
Le taux forfaitaire de 12,8 % s’applique par défaut aux cessions de crypto-actifs réalisées depuis le 1er janvier 2019 (loi de finances pour 2019). Depuis les cessions réalisées en 2023 (loi de finances pour 2022, art. 79), les contribuables peuvent opter pour le barème progressif en cochant la case 3CN de la déclaration 2042 C : l’option porte sur l’ensemble des plus-values crypto de l’année, devient irrévocable une fois la date limite de déclaration passée (elle reste modifiable jusque-là) et ne touche ni les dividendes, ni les intérêts, ni les plus-values de titres (leur option, la case 2OP, est distincte). Elle n’est avantageuse que pour les contribuables dont la TMI (Tranche Marginale d’Imposition) est inférieure à 12,8 %, c’est-à-dire ceux imposés dans la tranche à 0 % ou à 11 %.
2.2. Le seuil d’exonération de 305 €
L’article 150 VH bis, II B du CGI prévoit une exonération totale de la plus-value lorsque le montant total des cessions de l’année n’excède pas 305 €. Le seuil porte sur le prix de cession, pas sur la plus-value elle-même.
Exemple chiffré. Vous achetez 1 BTC à 30 000 € en 2024 ; c’est le seul crypto-actif que vous détenez. Vous le vendez en entier 32 000 € en 2025. La plus-value est de 2 000 €, MAIS le montant de la cession est de 32 000 € — bien au-dessus de 305 €. La plus-value est donc imposable : 628 € au PFU de 31,4 %. Avec plusieurs crypto-actifs, elle se calcule sur l’ensemble du portefeuille (formule ci-dessous).
Exemple inverse. Vous vendez 50 € de Bitcoin pour tester un retrait. Pas d’autre cession dans l’année. Cessions totales = 50 € < 305 € → exonération totale, pas d’impôt sur la plus-value. L’annexe 2086 reste à joindre avec le prix de cette cession (lignes 213 à 218) et le total en ligne 51 (50 €), et le 3916-bis reste dû si le compte est à l’étranger.
2.3. La formule de calcul de la plus-value
L’article 150 VH bis du CGI (commenté au BOFiP, BOI-RPPM-PVBMC-30-20) impose une méthode globale, dite « par fraction » : à chaque vente, on n’impute que la part du prix d’acquisition de tout le portefeuille qui correspond à la part vendue. Avec les numéros de lignes du formulaire 2086 :
PV (224) = Prix net (218) − Acquisition nette (223) × Prix de cession (217) / Valeur globale (212)Avec :
- Prix net (ligne 218) : prix de vente moins les frais de cession (et les soultes éventuelles).
- Acquisition nette (ligne 223) : somme de tous vos achats en euros, toutes cryptos et toutes années confondues (ligne 220), moins les fractions déjà imputées lors des ventes précédentes (ligne 221) et les soultes reçues lors d’échanges antérieurs (ligne 222).
- Prix de cession (ligne 217) : prix de vente avant frais (net des soultes) : les frais ne réduisent pas la fraction.
- Valeur globale (ligne 212) : valeur de toutes vos cryptos, sur toutes vos plateformes et portefeuilles, au moment de la vente.
Cette formule est fastidieuse à appliquer à la main, surtout avec plusieurs ventes dans l’année ou un portefeuille réparti sur plusieurs plateformes. Un outil dédié (/outils/cerfa-2086-auto) fait le calcul à partir de votre historique recopié dans son modèle CSV.
3. Cerfa 2086 ligne par ligne
Le formulaire Cerfa 2086 est l’annexe à la déclaration des revenus (formulaire 2042) qui détaille chaque cession de crypto-actifs de l’année. Il se compose de plusieurs sections :
3.1. Identification du contribuable
Nom, prénom, adresse. Pré-rempli si vous déclarez en ligne.
3.2. Détail des cessions (lignes 211 à 224)
Pour chaque cession, le formulaire comporte une colonne (cinq colonnes « Cession » par bloc) et des lignes en trois parties : la cession (211 à 218), le prix total d’acquisition du portefeuille (220 à 223), puis la plus-value ou moins-value (224). Ces numéros sont ceux du déclarant 1 ; le déclarant 2 remplit les lignes 251 à 264, une personne à charge les lignes 311 à 324.
- Ligne 211 — Date de la cession.
- Ligne 212 — Valeur globale du portefeuille au moment de la cession.
- Ligne 213 — Prix de cession.
- Ligne 214 — Frais de cession.
- Ligne 215 — Prix de cession net des frais (213 − 214).
- Lignes 216 et 217 — Soulte éventuelle, puis prix de cession net des soultes (sans soulte, 217 = 213).
- Ligne 218 — Prix de cession net des frais et des soultes (sans soulte, 218 = 215).
- Ligne 220 — Prix total d’acquisition du portefeuille (tous vos achats en euros).
- Ligne 221 — Fractions de capital initial déjà imputées lors des cessions précédentes.
- Ligne 222 — Soultes reçues lors d’échanges antérieurs.
- Ligne 223 — Prix total d’acquisition net (220 − 221 − 222).
- Ligne 224 — Plus-value ou moins-value : 218 − 223 × 217 / 212.
3.3. Report sur la déclaration 2042-C
La ligne 51 additionne les prix de cession du foyer (lignes 218, 258 et 318, plus 413, 423 et 433 en cas de personne interposée) : s’ils ne dépassent pas 305 €, les cessions sont exonérées et seules les lignes de prix (213 à 218) et la ligne 51 sont à remplir. Sinon, la ligne 52 additionne les plus-values et moins-values du foyer (lignes 224, 264, 324, 415, 425 et 435) ; ce total est reporté en case 3AN (plus-value nette) ou 3BN (moins-value nette) de la déclaration 2042-C. La plus-value est imposée au PFU de 31,4 %, ou au barème progressif si vous optez pour le barème (case 3CN).
3.4. Saisie en ligne sur impots.gouv.fr
Si vous déclarez en ligne, l’annexe est intégrée au parcours : rubrique « Plus-values et gains divers » → écran « Plus-values sur actifs numériques » → annexe 2086, où vous saisissez les lignes de chaque cession. Le site n’accepte aucun fichier joint.
Pour comparer les logiciels de déclaration sans lien rémunéré : notre outil de choix d’un logiciel de déclaration.
4. Annexe 3916-bis : la déclaration des comptes étrangers
La déclaration des comptes de crypto-actifs ouverts à l’étranger est obligatoire pour toute personne ou entité juridique domiciliée ou établie en France (vous, comme une association ou une société) qui a ouvert, détenu, utilisé ou clos un compte de crypto-actifs auprès d’un prestataire établi à l’étranger (CGI, art. 1649 bis C). Un particulier la fait sur l’annexe 3916-bis (imprimé n° 3916-3916 bis), jointe à sa déclaration de revenus. La notice de l’imprimé (millésime 2026) cite encore l’ancienne liste (personnes physiques, associations, sociétés n’ayant pas la forme commerciale) : pour les comptes de crypto-actifs, la loi l’a élargie à toutes les personnes et entités juridiques, pour les déclarations déposées depuis le 1er janvier 2024 (loi de finances pour 2024, art. 47 ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMC-30-30, § 70).
4.1. Quels exchanges sont concernés ?
Tout prestataire établi hors de France : vérifiez le pays de l’entité avec laquelle vous avez ouvert votre compte. À la date de cette étude :
- Comptes à déclarer : Coinbase (Luxembourg depuis MiCA), Kraken (Irlande), Bitpanda (Autriche), Bybit (Autriche pour l’entité européenne), OKX (Malte), Bit2Me (Espagne), Bitvavo (Pays-Bas), ainsi que tout compte Binance, KuCoin ou MEXC tenu par une entité étrangère. L’entité exacte figure dans vos CGU.
- Comptes NON à déclarer : Coinhouse (siège FR), Bitstack (siège FR).
- Ancien compte Binance (y compris ouvert via Binance France SAS) : à vérifier au cas par cas selon l’entité qui tenait le compte ; dans le doute, déclarez-le pour chaque année où il était ouvert, même s’il a été fermé en cours d’année.
4.2. Sanctions en cas d’oubli
L’absence de déclaration d’un compte étranger entraîne une amende forfaitaire de :
- 750 € par compte non déclaré (régime de droit commun), porté à 1 500 € si la valeur cumulée de vos comptes à l’étranger dépasse 50 000 € à un moment de l’année (article 1736, X du CGI ; BOFiP BOI-CF-INF-20-10-50, § 87) ;
- 125 € par omission ou inexactitude sur un compte déclaré (250 € au-delà de 50 000 €), dans la limite de 10 000 € par déclaration.
Cette amende s’applique par compte et par année d’omission. Le délai de reprise de l’impôt est porté de 3 à 10 ans pour les revenus liés à un compte non déclaré (art. L169 du LPF). Un oubli sur 4 ans pour 3 exchanges = 9 000 € d’amende théorique (18 000 € si la valeur cumulée des comptes a dépassé 50 000 €).
4.3. Régularisation spontanée
Si vous découvrez un oubli, la régularisation spontanée (déclaration rectificative depuis votre espace particulier) limite les pénalités : de bonne foi, seul l'intérêt de retard de 0,20 % par mois s'applique (art. 1727 du CGI), réduit de moitié si la déclaration rectificative est accompagnée du paiement (art. 1727, V) ; l'amende pour un compte étranger non déclaré (3916-bis) reste due.
5. Cas particuliers
5.1. Staking et rewards Proof-of-Stake
Pour le staking, la FAQ d’impots.gouv (modifiée le 17/07/2026) range les bénéfices de staking dans les BNC, dans sa rubrique « Vous vendez à titre professionnel », sans rien dire du particulier ; le BOFiP ne nomme pas le staking, et le moment exact de l’imposition — à leur réception (comme un revenu), ou à leur cession contre euros, un bien ou un service, ou lors d’un échange avec soulte — n’est pas précisé par une source officielle que nous puissions citer à ce jour. Selon l’analyse retenue, l’imposition peut intervenir à l’un ou l’autre moment, et le prix d’acquisition associé en dépend.
Tant que ce point n’est pas clarifié par une doctrine officielle, vérifiez-le au cas par cas sur la source officielle à jour ; pour des montages atypiques (liquid staking, restaking…) ou des montants significatifs, faites valider votre situation par un expert-comptable.
5.2. Airdrops et hard forks
Le traitement des tokens reçus gratuitement (airdrop, hard fork) n’est tranché par aucune source officielle que nous puissions citer : selon l’analyse retenue, l’imposition peut être considérée à la réception (revenu, à sa valeur du jour) ou à la cession (contre euros, un bien ou un service, ou lors d’un échange avec soulte). En cas de doute ou de montants significatifs, faites valider votre situation auprès d’un professionnel et de la doctrine officielle à jour.
5.3. NFT (Non-Fungible Tokens)
Depuis le 1er janvier 2026, les NFT ont leur propre article : l’article 150 VH ter du CGI, créé par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (article 91). La plus-value de cession d’un NFT (crypto-actif unique et non fongible au sens de MiCA) est imposée selon le régime du bien ou du droit qu’il représente :
- un NFT qui représente une œuvre d’art, un bijou ou un objet de collection suit le régime de ces biens ;
- un NFT qui donne un droit sur un autre bien (immobilier, par exemple) suit le régime de ce bien.
Les NFT ne relèvent donc plus de l’article 150 VH bis. Depuis le 1er juillet 2026, l’obligation de déclarer les portefeuilles détenus à l’étranger s’étend aux NFT détenus ou utilisés à l’étranger (CGI, art. 1649 bis C) ; le formulaire à utiliser n’est pas encore confirmé.
5.4. DeFi (Aave, Uniswap, Compound, etc.)
Pour un particulier, un échange entre crypto-actifs sans soulte est en sursis d’imposition (art. 150 VH bis du CGI) ; le régime des récompenses n’est pas tranché :
- Fourniture de liquidité (LP) : déposer des actifs dans un pool contre des jetons LP s’analyse, à notre lecture, comme un échange sans soulte, en sursis d’imposition ; aucune doctrine officielle ne vise ce cas.
- Yield farming : aucune doctrine officielle ne tranche le régime des récompenses ; faites valider votre situation.
- Lending : deux lectures coexistent pour les intérêts perçus, qu’aucun texte officiel consulté ne classe : BNC ou revenus de capitaux mobiliers (article 124 du CGI) ; aucune position officielle ne tranche, faites valider votre situation.
6. Erreurs courantes & redressements
Les erreurs qui exposent le plus à un redressement :
- Absence totale de déclaration alors que des cessions ont été effectuées. Avec la directive DAC8, les plateformes de l’Union européenne collectent les transactions de leurs clients depuis le 1er janvier 2026 ; l’administration française recevra les premières données en 2027 (avant le 15 juin 2027 pour les prestataires qui déclarent en France, décret n° 2025-1276).
- Oubli du 3916-bis alors que des comptes étrangers existent : l’amende est due par compte et par année non déclarée.
- Calcul incorrect de la plus-value (oubli de la formule par fraction de l’article 150 VH bis). Erreur fréquente quand le contribuable calcule « vente − achat » de la crypto vendue, au lieu de raisonner sur la valeur globale de tout le portefeuille.
- Omission des frais de cession (pas déduits du prix de cession), ce qui gonfle artificiellement la plus-value.
- Confusion token-to-token / token-to-fiat. Certains contribuables déclarent à tort les swaps crypto-crypto comme imposables (alors que, sans soulte, ils bénéficient d’un sursis d’imposition depuis 2019 : le gain n’est imposé qu’à la cession contre une monnaie ayant cours légal (euros, dollars…), un bien ou un service, ou lors d’un échange avec soulte).
En pratique : si vous découvrez un oubli sur les années précédentes, déposez une déclaration rectificative avant tout contrôle. La régularisation spontanée, accompagnée du paiement, réduit de moitié l’intérêt de retard (article 1727, V du CGI), évite la majoration de 10 % (article 1758 A) et démontre la bonne foi du contribuable.
7. Dispositifs légaux à connaître
Le code général des impôts prévoit plusieurs dispositifs qui peuvent s’appliquer selon votre situation. Aucun n’est un schéma d’évasion fiscale — ce sont des règles de droit commun. Ce qui suit est une information générale, pas un conseil personnalisé : la pertinence de chaque dispositif dépend de votre situation et, au-delà des cas simples, doit être validée avec un professionnel.
7.1. Étalement des cessions sur plusieurs années
Si votre patrimoine crypto contient des plus-values latentes importantes, étaler les cessions sur 2 ou 3 années fiscales peut être pertinent selon votre situation. L’avantage est moindre depuis 2019 (taux forfaitaire de 12,8 %, article 200 C du CGI), mais l’étalement permet d’opter pour le barème progressif (case 3CN) une année où vos autres revenus sont faibles. Ni le seuil de 305 € (il porte sur le total des cessions de l’année, pas sur la plus-value) ni les prélèvements sociaux (même taux quel que soit le montant) ne rendent l’étalement plus avantageux.
7.2. Compensation moins-values / plus-values intra-annuelle
Les moins-values crypto ne sont pas reportables d’une année sur l’autre. Pour les utiliser, il faut les compenser la même année avec des plus-values crypto. Attention : avec la méthode globale, vendre une position perdante ne crée une moins-value que si l’ensemble de votre portefeuille vaut moins que son prix total d’acquisition ce jour-là ; sinon, la vente ajoute une plus-value.
7.3. Don manuel / transmission
Le don de cryptomonnaies à un proche (en ligne directe, en descendant, etc.) bénéficie des abattements de droit commun (articles 779, 790 B, 790 E et 790 F du CGI) :
- 100 000 € entre parent et enfant tous les 15 ans ;
- 31 865 € entre grand-parent et petit-enfant ;
- 80 724 € entre époux/PACS.
Le don purge la plus-value latente : le donataire reçoit les cryptos avec une nouvelle base de coût (la valeur au jour du don). Pour les patrimoines crypto familiaux importants, c’est un dispositif prévu par le CGI — à valider par notaire pour les valeurs au-dessus des abattements.
7.4. Option barème progressif si TMI faible
Si votre Tranche Marginale d’Imposition est de 0 %, ou de 11 % si votre impôt reste nul ou hors de la zone de la décote, vous avez intérêt à opter pour le barème progressif au lieu du PFU : dans la zone de la décote, chaque euro de plus-value coûte environ 16 % d’impôt (environ 34,6 % avec les prélèvements sociaux), et le PFU reste alors plus avantageux. Pour les plus-values crypto, l’option se fait en cochant la case 3CN de la déclaration 2042 C : elle porte sur toutes vos plus-values crypto de l’année, ne touche ni vos dividendes, ni vos intérêts, ni vos plus-values de titres (case 2OP, distincte), s’exerce chaque année lors de la déclaration et devient irrévocable une fois la date limite de déclaration passée (elle reste modifiable jusque-là).
7.5. Démembrement et nue-propriété
Pour les patrimoines crypto importants (> 500 000 €), le démembrement (donation de la nue-propriété en gardant l’usufruit) permet d’alléger la transmission. Schéma à valider impérativement avec un notaire.
Rappel. Cryptoreflex ne fournit pas de conseil fiscal personnalisé. Pour toute situation au-delà des cas standards (cessions courantes), consulter un expert-comptable spécialisé en fiscalité numérique ou un conseiller en gestion de patrimoine (CGP).
8. Outils gratuits Cryptoreflex
Cryptoreflex propose plusieurs outils gratuits pour automatiser le calcul et la déclaration :
- /outils/cerfa-2086-auto
Récapitulatif Cerfa 2086 ligne par ligne + fiches 3916-bis, depuis notre modèle CSV (tout l'historique). Aperçu et PDF sans compte (3 PDF par jour).
- /outils/calculateur-fiscalite
Simulateur de l’imposition PFU 31,4 % vs barème progressif. Il calcule l’écart d’impôt entre les deux options en fonction de votre TMI.
9. FAQ
À partir de quel montant suis-je obligé de déclarer mes cessions crypto ?+
Dès la première cession de l’année (vente contre euros, paiement d’un bien ou d’un service en crypto, échange avec soulte) : l’annexe 2086 est à joindre à votre déclaration de revenus. Si le total des prix de cession du foyer ne dépasse pas 305 € dans l’année, vous êtes exonéré d’impôt : vous n’y indiquez que le prix de chaque cession (lignes 213 à 218) et leur total en ligne 51. Au-dessus, l’ensemble de la plus-value (et non l’excédent au-delà de 305 €) est imposable : au PFU de 31,4 % par défaut, ou au barème progressif sur option (case 3CN). Attention : le seuil de 305 € s’applique au montant de l’ensemble des CESSIONS imposables, quelles qu’en soient les contreparties (monnaie, bien, service), échanges avec soulte compris, pas au montant de la plus-value elle-même.
Le change crypto-vers-crypto (token-to-token) est-il imposable ?+
Non. Les échanges sans soulte entre crypto-actifs bénéficient d’un sursis d’imposition (article 150 VH bis, II-A du CGI ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMC-30-30) : l’échange n’est pas un fait générateur, aucun gain ni perte n’est constaté à cette occasion, et aucune obligation déclarative n’en découle. Seule la cession contre une devise ayant cours légal (euro, dollar, etc.) ou contre un bien ou un service (ou un échange avec soulte) déclenche un événement imposable.
Comment calcule-t-on la plus-value ?+
Selon l’article 150 VH bis du CGI (formulaire 2086, ligne 224) : plus-value = prix de cession net des frais − [prix total d’acquisition net × (prix de cession / valeur globale du portefeuille au moment de la cession)]. Cette formule, dite « par fraction », raisonne sur tout le portefeuille : à chaque vente, on n’impute que la part du prix d’acquisition qui correspond à la part vendue, et l’on retire du prix d’acquisition les fractions déjà imputées lors des ventes précédentes. Elle est fastidieuse à calculer à la main, d’où l’existence d’outils dédiés.
Dois-je déclarer mes cryptos même si je n’ai rien vendu ?+
Pour le Cerfa 2086 (plus-values) : non, s’il n’y a eu aucune cession dans l’année (ni vente contre euros, ni paiement d’un bien ou d’un service en crypto, ni échange avec soulte) ; un échange entre crypto-actifs sans soulte ne se déclare pas. Pour l’annexe 3916-bis (comptes étrangers) : OUI. Tout compte ouvert chez un exchange étranger (Binance, Kraken, Coinbase, Bybit, etc.) doit être déclaré chaque année tant qu’il existe, même sans transaction, y compris l’année de sa clôture. Oubli = amende 750 € par compte non déclaré (1 500 € si la valeur cumulée de vos comptes à l’étranger a dépassé 50 000 € à un moment de l’année).
Que se passe-t-il en cas de moins-value (perte) ?+
Les moins-values crypto sont imputables uniquement sur les plus-values crypto de la même année (BOFiP BOI-RPPM-PVBMC-30-20, § 160 et 170). Elles ne sont pas reportables sur les années suivantes (à la différence des moins-values mobilières classiques). En revanche, elles ne se compensent PAS avec d’autres revenus (salaires, dividendes, etc.). Une perte crypto qui n’est pas compensée par un gain crypto la même année est définitivement perdue fiscalement.
Le staking et les rewards Proof-of-Stake sont-ils imposables ?+
Ce n’est pas tranché pour un particulier. La FAQ d’impots.gouv (modifiée le 17/07/2026) range les bénéfices de staking dans les bénéfices non commerciaux (BNC), dans sa rubrique « Vous vendez à titre professionnel », sans rien dire du particulier. En revanche, le BOFiP ne nomme pas le staking et le MOMENT exact de l’imposition (à la réception comme un revenu, ou à la cession contre euros, un bien ou un service, ou lors d’un échange avec soulte) n’est pas précisé par une source officielle que nous puissions citer à ce jour. Tant que la doctrine n’est pas clarifiée, vérifiez ce point sur la source officielle à jour et, pour des montants significatifs ou des montages atypiques (liquid staking, restaking), faites valider votre situation par un expert-comptable.
Les NFT et les memecoins sont-ils traités différemment ?+
Pour les NFT : depuis le 1er janvier 2026, l’article 150 VH ter du CGI (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026) impose la plus-value de cession d’un NFT selon le régime du bien ou du droit qu’il représente (une œuvre d’art, un bijou ou un objet de collection relève par exemple du régime de ces biens). Depuis le 1er juillet 2026, l’obligation de déclarer les portefeuilles détenus à l’étranger s’étend aux NFT détenus ou utilisés à l’étranger (article 1649 bis C du CGI) ; le formulaire à utiliser n’est pas encore confirmé. Les memecoins (DOGE, SHIB, etc.) suivent strictement le régime crypto classique : à la cession (contre euros, un bien ou un service, ou lors d’un échange avec soulte), PFU de 31,4 % par défaut ou barème progressif sur option.
Si j’utilise un exchange français (Coinhouse, Bitstack), dois-je quand même remplir le 3916-bis ?+
Non, si l’exchange est une entité française agréée MiCA par l’AMF (siège social en France). Coinhouse et Bitstack sont des entités françaises : leurs comptes ne sont PAS étrangers et ne déclenchent pas l’obligation 3916-bis. En revanche, Coinbase (entité luxembourgeoise), Bitpanda (Autriche) et Kraken (Irlande) sont des entités étrangères : leurs comptes sont à déclarer. Pour un compte Binance (y compris ouvert via Binance France SAS), vérifiez le pays de l’entité qui tenait votre compte : s’il était tenu hors de France, il se déclare pour chaque année où il était ouvert, même fermé en cours d’année ; dans le doute, déclarez-le.
Y a-t-il un risque de redressement TRACFIN si je déclare correctement ?+
Non. TRACFIN intervient sur les obligations de transparence anti-blanchiment, pas sur la fiscalité. Une déclaration correcte du Cerfa 2086 + 3916-bis vous met en règle vis-à-vis de la DGFiP. Les erreurs qui exposent le plus à un redressement sont : (1) l’absence totale de déclaration malgré des cessions, (2) l’oubli du 3916-bis sur les exchanges étrangers, (3) la déclaration tardive ou incomplète. Un dossier complet et déclaré dans les délais réduit drastiquement le risque.
L’outil gratuit Cryptoreflex remplace-t-il un expert-comptable ?+
Non. L’outil /outils/cerfa-2086-auto automatise le calcul de la plus-value selon la formule de l’article 150 VH bis (à partir de votre historique recopié dans son modèle CSV) et génère un récapitulatif ligne par ligne, à recopier sur impots.gouv.fr. Pour les patrimoines complexes (>50k€, multi-exchanges, staking, DeFi, NFT), faites valider la déclaration par un expert-comptable agréé maîtrisant la fiscalité numérique. L’outil est un assistant, pas un conseil fiscal personnalisé.
10. Sources & méthodologie
Toutes les informations présentées sont issues de sources officielles ou de la doctrine BOFiP publique. Aucune donnée propriétaire ou confidentielle n’est utilisée. Sources principales :
- BOFiP — BOI-RPPM-PVBMC-30-30 (modalités d’imposition et obligations déclaratives, 23/04/2024)
- BOFiP — BOI-RPPM-PVBMC-30-20 (base d’imposition, moins-values, 02/09/2019)
- BOFiP — BOI-CF-INF-20-10-50 (amendes des comptes ouverts à l’étranger, § 84 à 87)
- Article 150 VH bis du CGI (plus-values de crypto-actifs, sursis des échanges sans soulte, seuil de 305 €)
- DGFiP — Formulaire 2086 et sa notice (Cerfa 16043*07, revenus 2025)
- Article 1649 bis C du CGI (déclaration des comptes de crypto-actifs ouverts à l’étranger, version en vigueur depuis le 1er juillet 2026)
- DGFiP — Notice du formulaire 3916-3916 bis (comptes ouverts à l’étranger)
- impots.gouv.fr — « Comment déclarer les plus ou moins values sur cessions d’actifs numériques (cryptomonnaies...) ? » (page modifiée le 17/07/2026)
Mise à jour : dernière révision indiquée en haut de la page ; chaque correction est inscrite dans le journal des corrections.
Contact erreurs / corrections : partners@cryptoreflex.fr. Chaque erreur factuelle signalée est vérifiée, puis corrigée et inscrite au journal des corrections.
Avertissement. Cette étude est publiée à titre d’information. Cryptoreflex ne fournit pas de conseil fiscal ni juridique personnalisé. Les contribuables sont invités à consulter un expert-comptable agréé ou un avocat fiscaliste pour leur situation particulière, notamment pour les patrimoines complexes ou supérieurs à 50 000 €.