PSAN vs CASP : la différence concrète pour un investisseur français en 2026
PSAN ou CASP : quelles différences pour votre sécurité ? Découvrez ce que le régime MiCA change concrètement pour les investisseurs français en 2026.
Si vous avez entendu parler de « PSAN » et de « CASP » sans vraiment saisir la différence, vous n'êtes pas seul. Ces deux acronymes désignent deux générations de statuts réglementaires pour les plateformes crypto — l'un hérité du droit français, l'autre issu du règlement européen MiCA. Depuis le 1er juillet 2026, la distinction n'est plus théorique : elle détermine quelles plateformes ont le droit de vous servir en France. Voici tout ce que vous devez savoir pour investir en toute sécurité.
Les deux régimes en bref : héritage AMF (PSAN) et nouveau cadre MiCA (CASP)
Le PSAN, un statut 100 % français
Le PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) a été créé par la loi PACTE de 2019 et encadré par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Il s'appliquait, jusqu'au 30 juin 2026, aux entreprises qui proposaient des services liés aux crypto-actifs en France : conservation, achat/vente, échange, gestion de portefeuille, etc.
Concrètement, une plateforme pouvait être :
- Enregistrée (enregistrement simple, contrôle limité à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, dit LCB-FT) ;
- Agréée (agrément optionnel, exigences renforcées en matière de fonds propres, gouvernance et protection des clients).
L'enregistrement PSAN était obligatoire pour exercer en France, mais l'agrément restait facultatif. Résultat : la grande majorité des acteurs opéraient avec un simple enregistrement, offrant une protection limitée aux utilisateurs.
Le CASP, le statut européen issu de MiCA
Le CASP (Crypto-Asset Service Provider, ou Prestataire de Services sur Crypto-Actifs en français) est défini par le règlement (UE) 2023/1114, dit règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets). Ce texte, entré pleinement en application le 30 décembre 2024, harmonise les règles à l'échelle de l'Union européenne.
Un CASP agréé dans un État membre bénéficie du passeport européen : il peut proposer ses services dans toute l'UE sans demander un agrément pays par pays. Les exigences sont nettement plus strictes que celles du simple enregistrement PSAN :
- Fonds propres minimaux selon les services offerts ;
- Ségrégation des actifs clients (les cryptos des clients sont séparées des actifs propres de la plateforme) ;
- Politique de conflits d'intérêts formalisée ;
- Obligation de publication d'un livre blanc (white paper) pour tout crypto-actif listé ;
- Surveillance prudentielle renforcée par l'AMF (en France) et coordination avec l'ESMA (Autorité européenne des marchés financiers).
Pour aller plus loin sur les différences techniques entre ces deux statuts, consultez notre article dédié : PSAN vs CASP : tout comprendre sur les statuts MiCA des plateformes crypto.
Tableau comparatif PSAN vs CASP
| Critère | PSAN enregistré | PSAN agréé | CASP (MiCA) |
|---|---|---|---|
| Cadre juridique | Loi PACTE 2019 (France) | Loi PACTE 2019 (France) | Règlement UE 2023/1114 |
| Portée géographique | France uniquement | France uniquement | Toute l'UE (passeport) |
| Contrôle LCB-FT | ✅ Oui | ✅ Oui | ✅ Oui |
| Exigences fonds propres | ❌ Minimales | ✅ Renforcées | ✅ Strictes |
| Ségrégation des actifs clients | ❌ Non obligatoire | Partielle | ✅ Obligatoire |
| Passeport européen | ❌ Non | ❌ Non | ✅ Oui |
| Valide après le 1er juillet 2026 | ❌ Non | ❌ Non | ✅ Oui |
Le calendrier de transition : de 2024 à juillet 2026
La transition du PSAN vers le CASP ne s'est pas faite du jour au lendemain. Voici les grandes étapes :
- 30 décembre 2024 : le règlement MiCA entre pleinement en application dans toute l'UE pour les crypto-actifs (hors stablecoins, déjà couverts depuis juin 2024).
- Période transitoire française : la France a accordé une période de grâce permettant aux PSAN déjà enregistrés de continuer à opérer temporairement, le temps de déposer et d'obtenir leur agrément CASP.
- 1er juillet 2026 : fin de la période transitoire française. Depuis cette date, seuls les prestataires agréés CASP peuvent légalement proposer des services de crypto-actifs à des clients résidant en France.
Pour une analyse complète de ce que MiCA a changé concrètement à partir de juillet 2026, lisez notre dossier : MiCA phase 2 juillet 2026 : ce qui change pour les investisseurs.
Plateformes encore PSAN seules après juillet 2026 : quels risques pour vous ?
Si une plateforme n'a pas obtenu son agrément CASP avant le 1er juillet 2026, elle ne peut plus légalement vous servir en tant que résident français. Continuer à utiliser une telle plateforme vous expose à plusieurs risques concrets.
Un risque juridique pour la plateforme… et pour vous
Une plateforme opérant sans agrément CASP en France depuis le 1er juillet 2026 est en infraction avec le règlement MiCA et la réglementation nationale. Cela signifie :
- Elle peut faire l'objet de sanctions de l'AMF (amendes, injonctions de cesser l'activité, publication de la sanction) ;
- En cas de procédure, vos actifs pourraient être bloqués le temps de la résolution du litige ;
- Vous perdez les protections offertes par le cadre MiCA (ségrégation des actifs, recours formalisé, etc.).
Un risque opérationnel accru
Sans les exigences de fonds propres et de ségrégation imposées par MiCA, une plateforme non agréée présente un risque de défaillance plus élevé. En cas de faillite, vos crypto-actifs pourraient être considérés comme des actifs de la masse créancière, rendant leur récupération incertaine.
Un risque fiscal indirect
Si la plateforme ne transmet pas vos données à l'administration fiscale française (obligation prévue par MiCA et les directives DAC8 en cours de transposition), vous restez seul responsable de la déclaration de vos plus-values. Une erreur ou un oubli peut entraîner des redressements fiscaux, avec un délai de reprise du fisc pouvant aller jusqu'à 3 ans en règle générale (article L169 du Livre des procédures fiscales), voire 10 ans si un compte à l'étranger n'a pas été déclaré via le formulaire 3916-bis.
Plateformes déjà agréées CASP : comment les identifier ?
Depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes figurant dans les registres officiels sont autorisées à vous servir en France. Pour vérifier le statut d'une plateforme :
- Registre de l'AMF : consultez la liste des prestataires enregistrés et agréés sur le site officiel de l'AMF (amf-france.org). L'AMF publie et met à jour régulièrement la liste des CASP autorisés.
- Registre ESMA : l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) tient un registre centralisé des CASP agréés dans l'ensemble de l'UE, accessible sur esma.europa.eu.
La liste des CASP agréés évolue régulièrement au fil des décisions de l'AMF. Nous vous recommandons de consulter directement le registre officiel plutôt que de vous fier à des listes tierces potentiellement obsolètes.
Que faire si votre plateforme n'est plus autorisée après juillet 2026 ?
Si vous découvrez que la plateforme sur laquelle vous détenez des crypto-actifs n'a pas obtenu son agrément CASP, voici la marche à suivre.
Étape 1 : vérifier votre situation
Connectez-vous à votre compte et vérifiez si la plateforme a communiqué sur son statut réglementaire. Cherchez une annonce officielle ou un email de la plateforme concernant l'arrêt ou la migration de ses services en France.
Étape 2 : retirer vos actifs rapidement
Si la plateforme a cessé ses services pour les résidents français, elle doit en principe vous permettre de retirer vos fonds. Procédez au retrait vers un portefeuille personnel (dit « wallet non-custodial », c'est-à-dire un portefeuille dont vous détenez les clés privées) ou vers une plateforme agréée CASP.
Étape 3 : choisir une plateforme agréée
Ouvrez un compte sur une plateforme disposant d'un agrément CASP valide, vérifiable sur le registre AMF. Transférez-y vos actifs ou procédez à un nouvel achat.
Étape 4 : mettre à jour vos déclarations fiscales
MiCA & AMF : tout comprendre
Suivi des décisions régulateurs FR/UE et impact concret sur votre portefeuille.
Bonus : guide PDF "Les plateformes crypto régulées MiCA à utiliser en France 2026" à l'inscription.
Si vous avez réalisé des cessions (ventes contre euros, paiements en crypto, échanges contre des biens ou services) sur la plateforme non agréée, vous restez tenu de les déclarer. Les plus-values crypto réalisées en 2025 sont soumises au taux forfaitaire de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, suite à la hausse de la CSG prévue par la LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Notez que les simples échanges crypto contre crypto (swaps) ne sont pas imposables : seules les cessions vers des euros, des biens ou des services le sont (article 150 VH bis du CGI).
La procédure de migration PSAN vers CASP : ce que vivent les plateformes
Pour les plateformes elles-mêmes, la migration du statut PSAN vers l'agrément CASP a été un processus exigeant. Comprendre cette procédure vous aide à évaluer la solidité d'un acteur.
Les grandes étapes de la demande d'agrément CASP
Conformément à l'article 63 du règlement (UE) 2023/1114, la procédure d'agrément CASP auprès de l'AMF se déroule ainsi :
- Dépôt du dossier : la plateforme soumet un dossier complet à l'AMF (programme d'activité, gouvernance, fonds propres, politiques internes, etc.).
- Accusé de réception : l'AMF dispose de 5 jours ouvrables pour accuser réception du dossier.
- Vérification de complétude : l'AMF dispose ensuite de 25 jours ouvrables pour vérifier que le dossier est complet. Elle peut demander des pièces complémentaires, ce qui suspend le délai.
- Décision : une fois le dossier déclaré complet, l'AMF dispose de 40 jours ouvrables pour rendre sa décision. En pratique, les demandes de compléments et les échanges avec le régulateur allongent souvent significativement ce délai.
Pourquoi certaines plateformes n'ont pas obtenu l'agrément
Plusieurs raisons peuvent expliquer l'échec ou le retard d'une demande d'agrément CASP :
- Fonds propres insuffisants : MiCA impose des exigences minimales de capital selon les services proposés ;
- Gouvernance inadaptée : composition du conseil d'administration, politique de rémunération, gestion des conflits d'intérêts ;
- Défaillances en matière de LCB-FT : procédures anti-blanchiment jugées insuffisantes ;
- Décision stratégique : certaines plateformes ont préféré se retirer du marché français plutôt que d'engager les investissements nécessaires.
Conclusion : choisissez votre plateforme avec discernement
La distinction entre PSAN et CASP n'est pas qu'une question administrative : elle traduit un niveau de protection radicalement différent pour vous en tant qu'investisseur. Depuis le 1er juillet 2026, le cadre est clair : seules les plateformes agréées CASP peuvent légalement vous servir en France, avec des garanties concrètes sur la ségrégation de vos actifs, la solidité financière de l'opérateur et la transparence de ses pratiques.
Avant d'ouvrir ou de maintenir un compte sur une plateforme, prenez deux minutes pour vérifier son statut sur le registre officiel de l'AMF. C'est le geste le plus simple et le plus efficace pour protéger votre investissement.
Pour aller plus loin, explorez nos guides sur les alternatives à Binance pour les investisseurs français et notre comparatif des plateformes crypto disponibles en France sur notre page /comparatif.
FAQ
Qu'est-ce qu'un PSAN et est-il encore valable en 2026 ?
Le PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) était un statut créé par la loi PACTE française en 2019. Depuis le 1er juillet 2026, la période transitoire accordée aux PSAN enregistrés a pris fin. Un PSAN seul (sans agrément CASP) n'est plus autorisé à proposer des services de crypto-actifs à des résidents français. Seul l'agrément CASP délivré dans le cadre du règlement européen MiCA (règlement UE 2023/1114) est désormais valide.
Comment vérifier si une plateforme est bien agréée CASP ?
La méthode la plus fiable est de consulter directement le registre officiel de l'AMF (amf-france.org) ou le registre centralisé de l'ESMA (esma.europa.eu). Ces registres listent les prestataires agréés et sont mis à jour régulièrement. Ne vous fiez pas aux seules déclarations d'une plateforme sur son propre site : vérifiez toujours la source officielle.
Puis-je encore utiliser une plateforme étrangère non agréée CASP depuis la France ?
Depuis le 1er juillet 2026, une plateforme étrangère qui n'est pas agréée CASP dans un État membre de l'UE ne peut légalement pas vous servir en tant que résident français. L'utiliser vous prive des protections offertes par MiCA. Par ailleurs, si cette plateforme est établie hors de France, vous avez l'obligation de déclarer votre compte via le formulaire 3916-bis chaque année, sous peine d'une amende de 750 € par compte non déclaré (1 500 € si la valeur dépasse 50 000 €).
Mes plus-values réalisées sur une plateforme PSAN non agréée sont-elles quand même imposables ?
Oui, absolument. Le statut réglementaire de la plateforme n'a aucune incidence sur votre obligation fiscale. Toute cession de crypto-actifs contre des euros, des biens ou des services est imposable en France, quel que soit l'opérateur utilisé. Les plus-values crypto réalisées en 2025 sont soumises au taux de 31,4 % (LFSS 2026, loi n° 2025-1403). Vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu en cochant la case 3CN de votre déclaration 2042 C, si cela est plus avantageux pour votre foyer.
Que se passe-t-il si ma plateforme ferme ses services en France sans me prévenir ?
Dans ce cas, la plateforme est tenue de vous permettre de retirer vos actifs. Si elle ne le fait pas, vous pouvez saisir l'AMF via son service de médiation ou, selon la situation, engager une procédure judiciaire. Pour éviter ce scénario, il est conseillé de ne pas laisser l'intégralité de vos actifs sur une seule plateforme et de conserver une partie de vos crypto-actifs sur un portefeuille personnel (wallet non-custodial) dont vous détenez les clés privées.
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