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Swift teste les transferts de dépôts tokenisés 24 h/24 — mais le règlement reste à l'ancienne

Swift pilote avec 17 banques mondiales des transferts de dépôts tokenisés en continu, week-end compris. Le règlement final, lui, dépend encore des rails trad...

Couverture — Swift teste les transferts de dépôts tokenisés 24 h/24 — mais le règlement reste à l'ancienne

Photo : btckeychain (CC BY)

Swift, le réseau interbancaire mondial qui achemine chaque jour des milliers de milliards de dollars entre banques, franchit un cap symbolique : ses membres peuvent désormais transférer des dépôts tokenisés sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un pilote impliquant dix-sept grandes banques internationales est en cours. Derrière l'annonce, une réalité plus nuancée : le règlement définitif des transactions s'appuie toujours sur les infrastructures héritées du système financier traditionnel. Décryptage d'une avancée qui illustre à la fois les promesses et les limites de la tokenisation dans la finance institutionnelle.

Ce que Swift est en train de tester

Concrètement, Swift a mis en place un registre partagé — un ledger — qui permet à ses banques participantes d'inscrire et de transférer des dépôts sous forme de tokens numériques. L'objectif affiché est de s'affranchir des horaires d'ouverture des systèmes de paiement traditionnels, qui ferment le soir, le week-end et les jours fériés.

Jusqu'ici, envoyer de l'argent entre deux banques un samedi soir relevait du parcours du combattant : les messages partaient, mais le mouvement réel des fonds attendait l'ouverture des chambres de compensation le lundi matin. Avec ce pilote, le transfert du token — c'est-à-dire la représentation numérique du dépôt — peut s'effectuer à n'importe quelle heure.

Selon les informations rapportées par Decrypt, dix-sept banques de premier rang participent à cette expérimentation, ce qui lui confère un poids institutionnel non négligeable.

Le nœud du problème : le règlement reste sur les vieux rails

Mais voilà où le bât blesse. Transférer un token n'est pas la même chose que régler une transaction de façon définitive. Dans le jargon financier, on distingue deux étapes :

  • Le transfert (ou leg de l'actif) : le token change de main sur le registre partagé.
  • Le règlement (settlement) : les fonds sous-jacents — les euros ou dollars réels — changent effectivement de compte, de façon irrévocable.

Or, pour ce second volet, Swift et ses banques partenaires dépendent encore des systèmes de règlement en monnaie banque centrale : Target2 en zone euro, Fedwire aux États-Unis, etc. Ces infrastructures ont leurs propres horaires et leurs propres règles. Résultat : on peut déplacer le token à 3 h du matin un dimanche, mais le règlement en monnaie centrale n'interviendra qu'à l'ouverture des systèmes le lundi.

C'est précisément le paradoxe que souligne l'article source : la couche tokenisée gagne en fluidité, mais elle reste suspendue au-dessus d'un socle qui, lui, n'a pas encore muté.

Pourquoi c'est important pour comprendre la tokenisation

Cet épisode illustre un défi structurel que rencontrent tous les projets de tokenisation d'actifs financiers : la technologie peut avancer plus vite que la réglementation et les infrastructures de règlement.

La blockchain permet théoriquement un règlement quasi instantané, en continu, sans intermédiaire central. C'est l'une de ses propositions de valeur fondamentales. Mais dans le monde bancaire réel, le règlement en monnaie banque centrale — considéré comme le seul règlement sans risque de contrepartie — exige de passer par des systèmes publics que les banques centrales contrôlent jalousement.

Plusieurs banques centrales, dont la Banque centrale européenne (BCE), travaillent sur des expérimentations de monnaie numérique de banque centrale (MNBC) de gros, précisément pour combler ce fossé. L'idée : si la monnaie centrale elle-même était tokenisée, le règlement pourrait s'effectuer sur la même infrastructure que le transfert d'actifs, supprimant le décalage.

En attendant, les initiatives comme celle de Swift constituent des étapes intermédiaires utiles — elles modernisent la couche de transfert — mais ne résolvent pas encore le problème de fond.

Ce que ça change (ou pas) pour l'investisseur particulier français

Soyons clairs : ce pilote Swift concerne exclusivement les grandes banques et leurs transactions interbancaires. Tu ne vas pas, demain, voir ton application bancaire proposer des virements tokenisés le dimanche à minuit.

En revanche, cette évolution s'inscrit dans un mouvement de fond qui finira par toucher les investisseurs particuliers, à plusieurs niveaux :

1. La tokenisation des actifs financiers avance. Actions, obligations, fonds — de plus en plus d'actifs traditionnels sont expérimentés sous forme tokenisée. Si les infrastructures de règlement suivent, cela pourrait, à terme, réduire les délais de règlement des transactions boursières (aujourd'hui T+2 en Europe) et ouvrir la voie à des marchés fonctionnant en continu.

2. Le cadre réglementaire européen se prépare. Le règlement MiCA, entré en vigueur en Europe, encadre les crypto-actifs mais ne couvre pas directement les dépôts tokenisés émis par des banques agréées — ceux-ci relèvent d'autres textes. En parallèle, le règlement pilote sur les infrastructures de marché DLT (en vigueur depuis 2023) permet des expérimentations encadrées sur les titres tokenisés. Pour suivre l'évolution du cadre réglementaire qui s'applique aux plateformes que tu utilises, consulte notre article sur MiCA phase 2 et ce qui change en juillet 2026.

3. La fiscalité française ne s'applique pas ici — mais restons vigilants. Les dépôts tokenisés interbancaires ne sont pas des crypto-actifs au sens de l'article 150 VH bis du CGI. Ils ne génèrent donc pas d'imposition au titre de la flat tax crypto (31,4 % depuis l'imposition des revenus 2025 sous la LFSS 2026). Mais à mesure que la frontière entre finance traditionnelle tokenisée et crypto s'estompe, la question de la qualification fiscale de certains produits hybrides va se poser. Si tu détiens des crypto-actifs et que tu te demandes comment les déclarer, notre guide complet de déclaration crypto 2026 fait le point.

4. La compétition avec les blockchains publiques s'intensifie. Des protocoles décentralisés règlent déjà des transactions en continu, sans week-end ni jours fériés, avec un règlement immédiat et définitif en monnaie native. Swift et les banques le savent : leur enjeu est de proposer une alternative institutionnelle crédible avant que leurs clients corporate ne migrent vers des rails décentralisés. Pour mieux comprendre comment fonctionne cette infrastructure concurrente, notre article sur la blockchain pour les débutants est un bon point de départ.

En résumé : une avancée réelle, mais partielle

Le pilote Swift marque une étape concrète dans la modernisation du système financier mondial. Permettre des transferts de dépôts tokenisés en continu entre grandes banques, c'est déjà une rupture avec des décennies d'horaires figés. Mais tant que le règlement final dépend des systèmes de monnaie centrale traditionnels, la promesse d'une finance tokenisée pleinement opérationnelle reste incomplète.

L'enjeu des prochaines années sera précisément de combler ce fossé — soit par des MNBC de gros, soit par d'autres mécanismes de règlement en monnaie centrale tokenisée. Swift et ses membres ont clairement posé leurs jalons dans cette course.

Rédigée par une IA à partir de Decrypt et publiée automatiquement.

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